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George Szell

George Szell

Biographie

Faisant partie de la grande diaspora des chefs hongrois qui ont fui l’Europe à l’avènement du nazisme, George Szell (György Széll) fut un des plus grands chefs d’orchestre du XXe siècle. La guerre l’ayant surpris alors qu’il revenait d’une tournée en Australie en passant par les États-Unis, il s’installa avec sa famille à New York en commençant, comme beaucoup d’exilés européens, à enseigner. Mais George Szell n’était pas un inconnu. Après avoir longuement travaillé à Berlin où il avait succédé à Otto Klemperer), à Prague et à Düsseldorf, il avait fait ses débuts aux États-Unis avec l’Orchestre Symphonique de Saint-Louis dans les années trente.Après une première année consacrée à la pédagogie, Szell est invité à diriger par Arturo Toscanini pour une série de concerts avec l’Orchestre de la NBC, puis fait ses débuts au Metropolitan et à la tête de l’Orchestre Philharmonique de New York. Mais c’est avec l’Orchestre de Cleveland qu’il se rendra célèbre dans le monde entier. Acceptant la direction de cet orchestre régional, Szell va tellement travailler qu’il en fera un des principaux orchestres du pays, capable de rivaliser avec les plus célèbres phalanges américaines. Szell était connu pour son immense exigence et son travail intensif en répétition. Les musiciens, triés sur le volet, devaient donner le meilleur d’eux-mêmes et étaient impitoyablement renvoyés s’ils n’étaient pas au niveau ou s’ils contestaient l’autorité de leur chef. C’est l’époque des despotes, en politique comme en musique, et les syndicats n’étaient guère influents. Son style autocratique dépassait la seule musique, puisque Szell se mêlait même du personnel de la conciergerie allant jusqu’à imposer la marque de papier toilette à utiliser dans les WC.Un tel travail de galérien ne pouvait que porter ses fruits, même si certains critiques ont dénoncé la trop grande perfection de l’orchestre qui nuisait quelquefois à la spontanéité du concert. Enregistrant de nombreux disques du répertoire classique et romantique européen, voyageant pour des tournées mémorables dans toute l’Amérique, en Europe en Union soviétique et en Australie, l’Orchestre de Cleveland devient un des plus grands orchestres du monde, réputé pour sa technique exceptionnelle et sa sonorité de velours. Une rude école qui a permis à James Levine d’être l’apprenti de Szell, de 1964 et 1965, puis son chef assistant jusqu’en 1970.L’art de George Szell était basé sur une connaissance parfaite des partitions dans leurs moindres détails et sur une recherche du phrasé, de la transparence et de l’équilibre de l’architecture. Il insistait sur la précision rythmique et prenait soin d’expliquer longuement ce qu’il voulait. Si son exigence était extrême, il savait aussi manifester sa joie lorsqu’un passage était conforme à l’idéal qu’il avait en tête. En disant à un journaliste qu’il ne voulait « pas verser de la sauce au chocolat sur les asperges », il montrait combien « le grand art était ennemi du désordre ». Comme beaucoup d’interprètes de sa génération, George Szell n’hésitait pas à changer des nuances, voire des notes, dans les œuvres de Beethoven, Schubert ou Schumann dans le but de les rendre plus intelligibles. Son perfectionnisme reposait sur une étonnante connaissance technique de tous les instruments de l’orchestre lui permettant de conseiller des doigtés aux musiciens.Le répertoire de George Szell était surtout basé sur la musique austro-hongroise du XIXe siècle, mais également sur Haydn et Mozart qu’il dirigeait volontiers. Il n’a pas négligé non plus ses contemporains, jouant des compositeurs comme Dutilleux, Walton, Prokofiev, Hindemith et Bartok. Il a également initié la riche collaboration de Pierre Boulez avec l’Orchestre de Cleveland et a collaboré avec un petit nombre d’orchestres à New York, Amsterdam et Vienne, avec lesquels il a enregistré quelques albums. Excellent pianiste, George Szell a laissé quelques disques de musique de chambre de Mozart. © François Hudry/QOBUZhttps://play.qobuz.com/playlist/1825325