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Josef Krips

Josef Krips

Biographie

Directeur de l’Opéra de Vienne, sa ville natale où il est également professeur à l’Académie de musique, ce pur représentant de la culture et du style musical viennois, catholique de surcroît, est, comme son frère Henry également chef d’orchestre, interdit de direction par les nazis entre 1939 et 1945 à cause des origines juives de son père. Josef Krips prend alors la tête de l’Orchestre Philharmonique et de l’Opéra de Belgrade où il doit vite faire profil bas lorsque la guerre embrase à son tour les Balkans et travaille dès lors comme « commis » dans une usine alimentaire.Reçu à bras ouverts par l’Autriche à la fin de la guerre, il est le premier chef à diriger l’Orchestre Philharmonique de Vienne et au Festival de Salzbourg dans un pays où les chefs qui n’ont pas collaboré au Troisième Reich sont rares. Il contribue largement à restaurer le niveau musical d’avant-guerre, bientôt rejoint par Clemens Krauss et Karl Böhm après leur dénazification. Dans les années 1950, Krips prend la tête du London Symphony Orchestra avant d’accepter le même poste aux Etats-Unis, d’abord à Buffalo, puis à San Francisco. Il meurt d’un cancer du poumon à Genève, en 1974 à l’âge de 72 ans.Ce chef d’orchestre reste réputé pour ses interprétations particulièrement heureuses de Mozart et de Beethoven dictées par un humanisme rayonnant et tranquille. Il laisse une discographie assez restreinte, mais de grande qualité comme en témoignent ses enregistrements viennois, qui sont toujours une référence, un superbe Don Giovanni de Mozart pour DECCA, en 1955, avec les grands chanteurs mozartiens de l’époque, Suzanne Danco, Lisa della Casa, Hilde Güdden, Walter Berry et Cesare Siepi et un Enlèvement au sérail trépidant pour EMI, avec Lucia Popp, Nicolaï Gedda et Gottlob Frick.Dans les années 1950 il va enregistrer une partie de son répertoire pour DECCA. En 1960, il est sous contrat avec le label EVEREST fondé deux ans plus tôt dans le but d’enregistrer les meilleurs artistes du moment en exclusivité et en stéréophonie sur des bandes film 35 mm. C’est dans ces conditions qu’il enregistre les 9 symphonies de Beethoven avec le London Symphony Orchestra. Il dirigera aussi quelques concertos pour piano de Mozart, les 5 concertos de Beethoven et le Deuxième concerto de Brahms, pour RCA VICTOR, avec Artur Rubinstein auquel le lie une grande complicité musicale et humaine.DG a publié récemment une version très ardente du Chant de la terre de Mahler, restée dans les archives d’Harietta Krips, enregistrée en concert à Vienne avec Fritz Wunderlich et Dietrich Fischer-Dieskau. Josef Krips laisse aussi, pour PHILIPS, des enregistrements lumineux des vingt dernières symphonies de Mozart avec le Concertgebouw d’Amsterdam, un véritable testament musical réalisé avec soin et ferveur. © François Hudry/QOBUZ