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Julian Bream

Julian Bream

Biographie

Avant de devenir pendant plus de 30 ans un des artistes classiques les plus célèbres et les plus vendus dans le monde, Julian Bream était un enfant de la banlieue londonienne qui, couché sous le piano familial, écoutait avec extase son père jouer. Ce bon amateur de musique jouait aussi de la guitare jazz et écoutait les disques de Django Reinhardt qui allait avoir une influence déterminante sur l’éveil musical de son fils.Fasciné par la guitare, Julian joue en duo avec son paternel en développant peu à peu un jeu personnel. A 12 ans, alors qu’il rencontre déjà un joli succès dans le petit milieu de la guitare, il rencontre le grand guitariste Andrés Segovia qui l’encourage vivement. Il entre au Royal College of Music à l’âge de 15 ans, non pour apprendre la guitare, instrument assez méprisé à l’époque, mais le piano et le violoncelle. C’est à cette époque que son père croise, au hasard des rues, un marin portant un luth. Acheté et ramené promptement à la maison ce curieux instrument, une fois réparé et maîtrisé par le jeune homme, deviendra la clé de la renaissance de la musique élisabéthaine dont il deviendra le pionnier en l’enregistrant, entre autres, avec le ténor Peter Pears.A la fin des années 1950, Julian Bream s’impose comme luthiste et guitariste au point de commander de nouvelles pièces à des compositeurs contemporains, notamment à Benjamin Britten qui lui écrit, en 1963, Nocturnal d’après un air de John Dowland, une pièce obligeant les sceptiques à prendre désormais la guitare au sérieux. D’autre compositeurs, Malcolm Arnold, Lennox Berkeley, Richard Rodney Bennett,  Leo Brouwer, Hans Werner Henze, Peter Maxwell Davies, Toru Takemitsu, Michael Tippett et William Walton écriront aussi pour lui. La réputation de Julian Bream devient alors mondiale, il commence à enregistrer de très nombreux disques où l’on découvre sa sonorité veloutée, l’élégance de son style, sa précision rythmique et son lyrisme délicat. La création du Julian Bream Consort au début des années 1960 va permettre de retrouver peu à peu le superbe répertoire de la Renaissance anglaise que le temps avait peu à peu recouvert.En 1984, Julian Bream est victime d’un grave accident de voiture qui l’oblige à réapprendre toute sa technique. Il doit alors changer la position de son pouce et celle de son poignet, ce qui l’amène à reconsidérer complètement son jeu. Il va finalement vivre ces moments extrêmement traumatisants comme une expérience le contraignant à se remettre totalement en question.L’extraordinaire discographie de Julian Bream est aujourd’hui regroupée en une vaste publication de 42 cd, sous l’étiquette RCA VICTOR, parue à l’occasion de ses 80 ans. C’est un véritable recueil historique parcourant un répertoire allant de la Renaissance aux plus belles œuvres contemporaines du XXème siècle, en passant par les compositeurs espagnols et sud-américains.  Julian Bream a joué avec de nombreux musiciens et ensembles ; le duo qu’il formait avec John Williams est encore dans la mémoire de tous les amoureux de la guitare.Julian Bream s’est retiré de la scène en 2002, continuant de jouer pour ses amis ou dans quelques églises autour de son village du Dorset. En 2011, il est contraint d’arrêter complètement de jouer à la suite de l’agression sauvage d’un chien du voisinage alors qu’il promenait, Django, son fidèle compagnon. Loin de vivre dans le regret, ce grand musicien est heureux d’avoir « donné du plaisir aux gens » et d’avoir pu s’épanouir grâce à la musique.© François Hudry/QOBUZ/mars 2018