Logo QUB musique

Randy Weston

Randy Weston

Biographie

Toute sa vie, le pianiste Randy Weston n’a fait que magnifier ses racines africaines. Car très tôt, ses parents ont su lui raconter la vérité : « Ils m’ont expliqué que j’étais avant tout un Africain né aux Etats-Unis. Mon père ajoutait que l’Afrique était le passé, le présent et le futur. Que ce qu’on me racontait à l’école ou dans les films hollywoodiens se déroulait après la colonisation et l’esclavage, et rarement à l’époque de l’édification des premières civilisations. » Au point qu’en 1961, à 35 ans, Weston s’envole pour la terre de ses ancêtres. « J’ai embrassé le sol ! J’arrivais sur cette terre en avion, alors que mes ancêtres l’avaient quittée, enchainés dans des bateaux ! Je me suis rendu dans 18 pays d’Afrique. Et qu’il s’agisse de musique des montagnes marocaines ou du Nigéria, j’ai toujours cherché les sons traditionnels avant tout. En les écoutant, je comprends mieux les fondements du jazz, comment cette musique a évolué… »En 1967, le New-yorkais rencontre même les Gnawas. « J’habitais à Tanger où j’ai rencontré Abdellah El Gourd. Il m’a joué du gumbri et soudain j’avais l’impression d’entendre Jimmy Blanton, le contrebassiste de Duke Ellington. L’idée que l’on se faisait alors de la musique africaine était essentiellement rythmique : des tambours, des tam-tams, etc. Avec cet instrument à cordes, j’écoutais l’équivalent d’un banjo ! » Mais tout au long de son ample carrière, Randy Weston a conservé son jeu propre, laissant l’Afrique s’immiscer dedans. « Je n’ai jamais cherché les musiques africaines modernes ou occidentalisées, uniquement les musiques traditionnelles et ainsi la spiritualité de cette musique. Lorsqu’on me demande ce que je joue, je ne réponds jamais du jazz mais des rythmes africains. » © MZ