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Wilhelm Backhaus

Wilhelm Backhaus

Biographie

Avec ses cheveux en bataille et son air conquérant, le jeune Wilhelm Backhaus ressemblait furieusement aux portraits de Beethoven – auquel on l’a d’ailleurs l’identifié tout au long de sa vie. Si sa notoriété s’est amenuisée de nos jours, contrairement à celles de certains de ses illustres confrères, Backhaus a marqué son époque par la puissance de son jeu, pas sa hauteur de vue et sa manière de s’investir totalement dans une œuvre en faisant corps avec.Si les derniers enregistrements du grand pianiste allemands pouvaient sembler un peu corsetés dans leur classicisme, il faut l’écouter encore jeune et rebelle pour apprécier sa fantastique personnalité, notamment dans l’album Beethoven-Brahms récemment publié par la SWR sur lequel on trouve une Sonate Waldstein aussi impétueuse que lumineuse et un somptueux Concerto de l’Empereur, sous la direction magistrale de Joseph Keilberth, immense chef d’orchestre quelque peu oublié aujourd’hui. Pierre angulaire de cet album, la Sonate Hammerklavier, une œuvre que Wilhelm Backhaus maîtrisait à un point rare et qu’il était « le seul à avoir compris » selon son collègue Stephen Kovacevich.De par sa position historique et la longévité de sa carrière, Wilhelm Backhaus a enregistré toute une série de « premières » au disque. En 1909, il grave le tout premier enregistrement d’un concerto, celui de Grieg, mais fortement abrégé en 6 minutes environ pour les besoins de l’époque. Puis, ce seront toutes les sonates et tous les concertos de Beethoven, de nombreuses œuvres de Mozart et de Brahms et les Etudes de Chopin dont il réalise le premier enregistrement intégral en 1928.Wilhelm Backhaus était un des garants de la tradition musicale allemande classique qu’il avait apprise au Conservatoire de Leipzig. Son répertoire se résumait avec Mozart, Beethoven, Brahms avec un peu de Chopin et de Schumann. Il a gardé ses grandes facultés techniques jusqu’à un âge avancé, lui permettant de réenregistrer son répertoire avec les techniques modernes en stéréophonie. Parmi les nombreuses anecdotes attachées à sa personnalité et à son incroyable technique, on en raconte une particulièrement révélatrice de ses capacités lorsque, trouvant un piano accordé trop bas à une répétition du Concerto en la mineur de Grieg, il l’a transposé à vue en si b mineur pour le rejouer le soir au concert en la mineur une fois le piano accordé…Musicien complet, Backhaus pratiquait avec bonheur la musique de chambre, entre autres avec le violoncelliste Pierre Fournier et la pédagogie qu’il exerçait notamment au Curtis Institute de Philadelphie. Devenu citoyen suisse, Wilhelm Backhaus est mort en 1969, quelques jours après avoir donné un dernier récital à l’âge de 85 ans. © François Hudry/QOBUZ